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Comprendre le Wuxing, la théorie des « 5 éléments, fondement de la culture chinoise et de l’enseignement de notre Ecole.

La dualité yin yang, les 5 éléments Wuxing, les 8 trigrammes bagua, le Qi, font partie des fondements de la culture chinoise. Ces théories peuvent paraître étranges pour un européen non averti. Elles reposent pourtant sur des observations aussi rigoureuses qu’anciennes, aussi complexes que précises.

Je commencerai aujourd’hui en vous parlant de Wuxing, puisque c’est le concept sur lequel nous avons choisi de bâtir notre École.

Wuxing se compose de deux caractères.

Le Wu est simplement le chiffre 5 en chinois, tandis que Xing signifie littéralement  « marche ». C’est pourquoi Wuxing, traduit habituellement par « 5 éléments », se comprend plutôt comme « 5 phases » ou « 5 mouvements ». Cette notion de mouvement sera détaillée dans un prochain article.

Le génie du Wu Xing, apparu il y a pourtant plusieurs milliers d’années avant notre ère, est d’appréhender toutes les lois de l’univers comme similaires, fondées sur des règles identiques. Ainsi, d’après cette théorie, le corps humain fonctionne de la même façon que la nature qui nous entoure. Les organes, par exemple, sont en interaction, de la même façon que les saisons qui rythment les phénomènes terrestres.

Cette façon de voir et d’appréhender le monde est une base fondamentale du système de pensée chinois, avec de nombreuses applications. Ainsi, la MTC (Médecine Traditionnelle Chinoise) a pour vocation d’équilibrer ces « 5 mouvements » dans le corps humain, afin de conserver bien-être, harmonie et bonne santé. Mais ce concept intervient également dans la compréhension de l’acupuncture, du Qi Gong, ainsi que des arts martiaux.

Développer une philosophie aussi complexe que Wu Xing ne peut se faire en quelques lignes, aussi l’explication se fera petit à petit en plusieurs articles. Je me contenterai donc ici de vous présenter les fameux 5 éléments (le bois, le feu, la terre, le métal, l’eau) en détaillant quelques correspondances, notamment dans le cadre de notre pratique martiale.

木 MU, le bois

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L’arbre naît d’une graine, puis grandit en hauteur comme en largeur. L’élément du bois représente donc la naissance, la croissance et l’expansion. Dans les traditions chinoises, il correspond au printemps, son organe est le foie, et sa couleur le vert (ou bleu-vert).

Dans notre pratique martiale, il correspond aux blocages et déplacements vers l’extérieur ainsi qu’aux saisies. Un arbre s’étend dans tous les sens, ses branches pouvant repousser tout ce qui se met sur son chemin.

La stratégie recherchée est donc de sortir de l’axe de l’attaque, et occuper l’espace de façon à pouvoir contre attaquer le plus efficacement possible.

火 HUO, le feu

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Le feu représente la combustion, l’embrasement, voire l’explosion. Les flammes ont la propriété d’éclairer mais aussi de toujours monter, s’élever. L’élément feu correspond donc à l’été, à la lumière, et aux couleurs chaudes (de orange à rouge). Son organe est le cœur.

Les blocages du feu sont tous les mouvements ascendants. Les déplacements vont vers l’avant, comme les sursauts. Les frappes au poing, puissantes, explosives, correspondent également à cet élément.

L’idée est de prendre l’ascendant dans le combat en mettant toute son énergie dans l’attaque.

金 JIN, le métal

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Le métal, produit de façon liquide, se rétracte et se resserre en se solidifiant. Il génère donc un mouvement de contraction. Il représente l’automne, lorsque la nature, en déclin, rassemble ses forces avant la rigueur de l’hiver. Son organe est le poumon et sa couleur le blanc ou le gris.

Les blocages et déplacements de type métal vont de l’extérieur vers l’intérieur. Le métal correspond également aux frappes du tranchant de la main : incisives et coupantes. Il apprend à chercher la faille chez l’adversaire, et, telle une lame, trouver l’espace pour s’y glisser.

水 SHUI, l’eau

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Telle une cascade qui s’abat de toutes ses forces avant de stagner, l’eau ruisselle, s’écoule, mais ensuite toujours se stabilise. L’élément de l’eau représente donc la transition entre l’activité et le repos, en lien avec les reins. Il s’illustre par la couleur noire ou bleue foncée. Il est associé à l’hiver, un moment où la nature est obligée de puiser dans ses réserves, comme la graine qui s’intériorise pour plus tard germer. D’un point de vue martial, il correspond à l’abaissement, au recul, et donc aux blocages descendants et aux déplacements vers l’arrière. Reculer est loin d’être un acte de lâcheté en arts martiaux, c’est même une judicieuse stratégie pour celui qui, comme une vague, préfère absorber la force pour mieux la renvoyer. La frappe typique de l’eau est la pique, fluide et précise, visant les points faibles de l’adversaire.

土 TU, la terre

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L’élément de la terre s’apparente aux cultures et aux moissons. Comme la terre peut être friable ou compacte, elle peut produire, nourrir, mais aussi consolider ou bâtir.

Elle correspond à l’intersaison, soit un moment de transition, et à la rate dans le corps humain. Sa couleur est le jaune, la couleur de l’empereur en Chine.

Martialement, elle représente donc l’idée d’ancrage dans le sol. Les blocages qui en résultent sont des mouvements fermes, idéalement inébranlables, permettant de créer le contact avec son adversaire pour mieux l’enchaîner.

Tenir ses positions permet ainsi de désarçonner son adversaire et de créer un « pont », c’est-à-dire un contact au niveau des paumes et avant-bras. C’est le point de départ vers la boxe courte des arts martiaux chinois, le travail de la sensation et des réflexes (wing chun, grue blanche, etc.).

 

1 commentaire

Nanor

Concepts très interressants, et très bonne base pour l’école wu-xing, ça se retranscrit parfaitement pendant les cours. Tip Top 😎

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