Etirements musculaires - physionomie du muscle #1 Ecole Wuxing Kung-Fu Bruce Lee
Etirements musculaires - physionomie du muscle #1 Ecole Wuxing Kung-Fu Bruce Lee

Introduction

Les étirements, réalisés de façon sécurisée, peuvent montrer des vertus très efficaces. Pour cela, un certain nombre d’éléments est à prendre en compte.

Il faut savoir qu’il n’existe pas qu’une méthode d’étirement. D’après les données de la littérature on peut en distinguer deux : la méthode passive (passif court, postures) et la méthode active (activo-passive/ activo-dynamique). A chacune de ces méthodes correspond des protocoles ainsi que des positions qui lui sont associés.

Dans un premier temps, nous allons nous intéresser aux structures concernées par l’étirement puis à la présentation des différentes sortes d’étirements. Ce thème sera donc en deux parties, cette première présentant la physiologie musculaire.

Des exemples concrets pour chaque méthode seront présentés dans les prochains articles. L’anatomie des muscles concernés sera aussi décrite, le tout associé à la description mécanique des principales positions de Kung-Fu.

Les structures concernées par l’étirement

Lorsque l’on pense à la notion d’étirement, on pense directement à l’impact sur le corps musculaire. Toutefois, lors de l’étirement, c’est toute la structure ostéo-musculo-ligamentaire qui est impactée !

Cette structure est donc composée d’un corps musculaire, entouré par une aponévrose (enveloppe fibreuse), reliée à ses extrémités à une structure tendineuse, qui s’insère sur un ou plusieurs os. Lors de l’étirement, le muscle subira des contraintes, ce qui est également le cas des tendons et des os.

La différence entre ces différents éléments est leur capacité d’extensibilité, conditionnée par leur constitution. Ainsi, le muscle sera la structure la plus déformable, suivi par l’aponévrose et enfin par le tendon.

Le muscle

Le muscle est composé par une unité de base, qu’on appelle le sarcomère. Un ensemble de ces sarcomères s’additionne linéairement pour former une myofibrille. Un ensemble de myofibrille se regroupe dans une enveloppe pour former une fibre musculaire. Plusieurs fibres musculaires se regroupent sous une même enveloppe pour former un faisceau de fibres. Enfin, l’ensemble des faisceaux se regroupe sous une même enveloppe pour former le muscle strié

Pour comprendre plus facilement, on peut imager l’organisation du muscle à celle d’une poupée russe. On y trouve une grande structure, le muscle, dans laquelle s’en trouvent d’autres aux dimensions décroissantes pour arriver à la plus petite, qui est la myofibrille.

Figure 1 : Composition d’un muscle

Pourquoi l’appelle-t-on muscle strié ?

L’appellation « strié » vient de l’apparence microscopique du muscle, marquée par la présence de nombreuses stries transversales. Cela est dû à son organisation avec l’accolement des sarcomères les uns à la suite des autres. Si on s’intéresse à l’organisation d’un sarcomère, voici les éléments que nous pouvons observer :

  • Une grande bande centrale, qu’on appelle la bande A (pour « Anisotrope » soit une bande sombre)
  • Aux deux extrémités, nous observerons deux demi-bandes I (pour « Isotrope » soit une bande claire).
  • Les extrémités d’un sarcomère sont marquées par la présence d’une strie Z, qui sépare en deux une bande I entière (une bande I représente donc l’accolement d’une extrémité d’un sarcomère avec l’extrémité du précédent).

Figure 2 : Composition d’un sarcomère

Figure 3 : Organisation d’un sarcomère

Quel est l’intérêt de la présence de ces bandes/stries ?

La différence de couleurs entre ces bandes s’explique par la différence de leur composition.

La bande A va contenir deux types de filaments : des filaments fins d’actine et épais de myosine. Un filament d’actine et un filament de myosine résultent respectivement de l’assemblage de molécules d’actine et de myosine, qui sont deux types de protéines intervenant dans le phénomène de contraction.

La bande I n’est composée pour sa part que de filaments fins d’actine.

Figure 4 : Organisation du sarcomère lors de la contraction et de l’étirement

Comment se contracte le muscle ?

La contraction du muscle est dépendante de plusieurs éléments.

Tout d’abord, un mécanisme neurologique va s’effectuer, qui amènera à la libération de calcium au niveau du sarcomère. Ce calcium va venir déplacer les molécules de troponine et tropomyosine, deux molécules qui « encombrent » le filament d’actine, dont nous avons parlé précédemment.

Suite à cela, le filament d’actine est « libre » et celui de myosine, plus précisément sa « tête » (extrémité distale du filament), va venir s’accrocher au filament d’actine et va reculer, faisant glisser ce dernier vers le centre du sarcomère. Or, puisque celui-ci est rattaché à l’extrémité du sarcomère, l’extrémité va donc se rapprocher. Ce phénomène se produisant des deux côtés, il provoque un raccourcissement du sarcomère.

Ce phénomène s’appliquant à l’ensemble des sarcomères, leur raccourcissement commun provoque celui de la myofibrille et, à plus grande échelle, celui du muscle.

Et l’étirement dans tout ça ?

Les fibres musculaires sont extensibles (capables de s’allonger) et élastiques (capables de revenir à leur état initial après l’étirement/contraction). Lors de l’étirement, il y aura également un glissement des fibres de d’actine sur les fibres de myosine. Ce sera cependant dans un phénomène d’expansion. A la fin de l’étirement, de la même façon qu’à la fin d’une contraction, le muscle va reprendre sa longueur initiale du fait de sa capacité d’élasticité. Un but de l’étirement, à terme, sera donc d’augmenter sa capacité d’extension sans que celle-ci soit annulée par l’effet élastique du muscle.

Aponévroses

Il s’agit du deuxième élément le plus extensible. Les aponévroses sont des enveloppes qui renferment les différentes structures évoquées pour le muscle (fibres musculaires, faisceaux de fibres, muscle…) et qui possèdent une extensibilité assez important de par leur constitution et leur organisation.

Le tendon

Le tendon possède une constitution semblable à celle du muscle, avec la présence d’une unité de base : le tropocollagène, qui par le même schéma de poupée russe, arrive à la formation du tendon. Cependant, sa constitution est telle que son extensibilité est très limitée. Un de ses rôles sera d’assurer la transmission des forces.

Os

Lors de l’étirement, la transmission des contraintes est également transmise à l’os par le biais des insertions du tendon sur celui-ci.

Les mécanismes intervenants

Lorsque des étirements sont effectués, il y a deux choses à prendre en compte afin de ne pas aller à l’encontre de notre travail. Il s’agit de deux récepteurs sensoriels : le fuseau neuromusculaire, situé dans le muscle, et l’organe tendineux de Golgi, situé dans le tendon. Ils sont là pour surveiller les variations de longueur du muscle et de tension du tendon.

Est-ce qu’ils peuvent provoquer une résistance à notre étirement ?

Oui, dans certains cas. C’est ce que l’on appelle notamment le réflexe myotatique ou réflexe d’étirement. Si l’on réalise un étirement de façon trop rapide avec une variation de longueur trop importante, le récepteur situé dans le muscle va détecter ce phénomène. En réponse à cela, afin de protéger le muscle, le récepteur va provoquer une contraction de celui-ci. Or une contraction lors de notre étirement nous empêcherait de travailler.

Peut-on alors les utiliser à notre avantage ?

Oui, on peut utiliser le réflexe myotatique inverse ou réflexe tendineux. Les organes tendineux de Golgi peuvent envoyer un signal inhibiteur au muscle (c’est-à-dire un signal lui disant de ne pas se contracter) suite à deux phénomènes : une forte tension détectée pendant un petit laps de temps (c’est le cas si le muscle a réalisé une contraction quelques secondes auparavant) ou lorsqu’une faible tension s’exerce mais sur une durée plus importante (lorsque l’on effectue un étirement long).

Y-a-t-il un autre mécanisme neurologique qui peut nous aider pour effectuer un étirement ?

Oui, nous pouvons également utiliser ce qu’on appelle l’inhibition réciproque de Sherrington. Pour faire simple, prenons l’exemple du coude : nous pouvons soit le fléchir, soit l’étendre. Pour effectuer la flexion, un groupe musculaire agit : on peut parler de muscles agonistes, c’est-à-dire qui réalisent le mouvement. A l’opposé, nous avons des muscles permettant de faire le mouvement d’extension : on peut ici parler de muscles antagonistes, c’est-à-dire qui font le mouvement inverse à la flexion.

Il existe un mécanisme tel que si nous demandons aux muscles antagonistes de se contracter (et donc de réaliser une extension), il n’est pas possible pour les muscles agonistes de se contracter dans le temps qui suit, nous pourrons donc effectuer un étirement sans risque d’avoir une contraction réflexe du muscle.

Bibliographie :

  1. Modélisation du fonctionnement mécanique musculaire [consultée 29-04-2018 ] Disponible : http://campusport.univ-lille2.fr/ressource_gym/co/Theorie_4.html
  2. Gilles Camus, La contraction musculaire, Planet-Vie, Jeudi 13 juillet 2006 [consultée 29-04-2018] Disponible : http://planet-vie.ens.fr/article/1887/contraction-musculaire
  3. Le sarcomère : unité de contraction élémentaire [consultée le 30-04-2018] Disponible : http://neurobranches.chez-alice.fr/systnerv/muscle/muscle2.html

Autres ressources :

  1. BAYAERT, Cours sur la physiologie musculaire destiné aux étudiants kinésithérapeutes, 2018.

Figures:

  1. Composition d’un muscle : http://idele.fr/services/laboratoire-idele/publication/idelesolr/recommends/les-descripteurs-des-qualites-sensorielles-des-viandes/print.html
  2. Composition d’un sarcomère : http://lesprotesesdejarrydwallaceencompetition.e-monsite.com/pages/ii/etude-du-fonctionnement-du-muscle.html
  3. Organisation d’un sarcomère : http://neurobranches.chez-alice.fr/systnerv/muscle/muscle2.html
  4. Organisation du sarcomère lors de la contraction et de l’étirement : http://www.jka-bsk.org/res/site2225/res9187_LES-ETIREMENTS-_-M-thodes-et-effets-int-r-ts-et-limites.pdf

0 commentaires

Laisser un commentaire

MENU