blessures et arts martiaux
blessures et arts martiaux

Dans la pratique d’arts martiaux, il est fréquent de se blesser, bien entendu, à des degrés variables. Selon le niveau de la personne et le contexte, ce qu’on appelle « blessure » va du simple hématome pour la grande majorité des cas, aux fractures dans des conditions plus spécifiques.

Le but de ce premier article est d’expliquer les facteurs d’apparition de ces blessures afin d’y être plus attentif et de limiter leur apparition.

Le contexte d’apparition des blessures:

Le plus souvent, les blessures se produisent à l’entraînement, cela s’explique de plusieurs façons.

Tout d’abord, l’entraînement constitue la grande majorité – voir la totalité – du temps de pratique de l’élève sur l’année et donc le lieu avec la plus grande probabilité d’apparition de blessures. Ensuite, c’est durant les entraînements que les élèves apprennent à se former à la fois aux techniques et aux combats. C’est cet apprentissage lui-même qui constitue un risque, des accidents pouvant arriver par simple méconnaissance des bons gestes.

Il arrive également que le pratiquant se blesse lors des compétitions et lors des démonstrations. Ces deux événements sont sources d’anxiété pour le sportif, il est alors plus difficile de se concentrer sur l’enchaînement à réaliser ou sur les coups de l’adversaire. Associé à cela, un échauffement mal effectué, notamment à cause d’un manque de temps pour les premiers compétiteurs de la journée, est un facteur favorisant les blessures.

Lors d’événements, les compétiteurs sont donc les personnes les plus exposées. En particulier ceux de Sanda (et des autres sports permettant le K.O.), du fait des nombreuses sources de risque : état physique et mental, expérience et agressivité de l’adversaire et type de contact permis par la compétition.

Les facteurs responsables des blessures

Il existe deux sortes de facteurs : les facteurs intrinsèques, spécifiques au pratiquant et les facteurs extrinsèques, extérieurs à celui-ci.

Les facteurs intrinsèques :

Le niveau de pratique : que l’on soit novice ou avancé, tout pratiquant est susceptible d’être blessé, il y aura cependant des différences en fonction de l’expérience de l’individu.

Pour les débutants, le phénomène le plus fréquemment rencontré est une mauvaise proprioception. Il n’est pas rare, lorsque l’on commence un nouveau sport, de mal maîtriser sa force et sa coordination, que ce soit par maladresse ou par manque d’expérience. Il faudra donc être vigilant notamment lors des sparring, où les coups seront souvent portés à la tête.

Concernant les grades plus avancés, l’apprentissage de techniques plus poussées et potentiellement plus dangereuses rendent les blessures plus sévères mais moins fréquentes, contrairement aux novices.

Associés au niveau de pratique, le nombre d’années de pratique et le nombre d’heures augmentent également la probabilité de blessures. En effet, plus la pratique est intensive et longue, plus la fatigue musculaire et ligamentaire se fera ressentir.

Les capacités physiques : dans la pratique des arts martiaux, 3 capacités sont sollicitées : la force, la souplesse et la proprioception : un déficit de l’une d’elle peut être une prédisposition aux blessures.

En effet, un déficit de force peut amener à un sur-entraînement et une fragilité de la structure musculaire ou constituer une faiblesse lors d’un combat. Un déficit de souplesse, par exemple des adducteurs, peut entraîner lors d’un coup de pied circulaire ou latéral un étirement excessif de ceux-ci et un possible risque de déchirure. Tandis qu’un déficit de proprioception peut, lors d’un coup de poing direct, permettre une hyper-extension du coude et des risques de blessures musculaires et/ou osseuses.

Conclusion :

Les facteurs intrinsèques sont tout simplement les capacités du pratiquant. Pour éviter les blessures, il faut prendre conscience de son corps, de ses capacités et les accepter, afin de mieux les contrôler. Un entraînement adapté avec un rythme modéré permettra le développement physique et martial de l’individu dans un respect physiologique.

Il est donc important de prendre son temps pour apprendre de nouvelles techniques mais aussi de prendre du temps pour se reposer, l’erreur souvent commise étant de vouloir aller trop fort et trop vite, oubliant la fatigue du corps.

Les facteurs extrinsèques:

L’équipement de protection : de nombreuses blessures sont dues à la non utilisation, à l’utilisation incorrecte ou à l’utilisation d’un matériel défectueux dans la pratique du sportif.

L’environnement : si cela peut sembler étrange de prime abord, l’environnement peut être responsable de blessures. Le terme « d’environnement » renvoie à deux aspects : celui d’un environnement physique, par exemple celui des compétitions, mais aussi à un environnement psychologique, comme une école faisant apologie du combat sans le respect de l’adversaire ou ne surveillant pas la pratique des élèves lors des cours.

La nature de la manœuvre : Dans la pratique du kung-fu, (mais également du karaté et du taekwondo) les blessures sont révélatrices du type de coup porté ou du type de coup reçu par le pratiquant.  Ces manœuvres peuvent être :

  • un blocage: les attaques non bloquées ou mal bloquées sont responsables de la majorité des blessures, respectivement au tronc/à la tête et aux mains/aux pieds.

 

  • un balayage: la mauvaise mise en place d’un balayage peut provoquer des blessures comme une contusion lorsqu’il se change en frappe par exemple.

 

  • Une chute : si le pratiquant ne sait pas tomber correctement, le 1er réflexe qu’il aura sera de se réceptionner avec la main, bras tendu, or, il s’agit de la position la plus dangereuse pour le membre supérieur. Les risques sont : une luxation et/ou une fracture du coude, une luxation de l’épaule et une fracture de l’humérus.

 

  • une frappe (pied): un coup sans protège-pied peut provoquer une fracture ou une contusion au niveau de l’avant-pied.

 

  • une frappe (poing) : les blessures à la main sont plus fréquentes que les blessures aux pieds et elles se localisent plus particulièrement au niveau du 5ème métacarpien. Cela est dû à ce que l’on appelle « la fracture du boxeur », une frappe concernant le 4ème et 5ème métacarpien alors que la force du coup est censée passer par l’axe du 2ème et 3ème métacarpien.

 

  • Une réception des coups-directs: les blessures causées par les coups-directs sont principalement des fractures de la structure touchée.

 

  • la casse: si elle est effectuée correctement, la casse ne pose aucun problème. Cependant un manque d’expérience, de l’inattention ou du stress peuvent amener à un coup mal porté et possiblement à une blessure. Il est donc important de rester concentré et d’écouter les indications des professeurs.

 

  • l’utilisation d’armes: l’utilisation d’armes peut provoquer des blessures lorsqu’elles sont utilisées par des novices qui ne contrôlent alors pas leurs coups/leurs blocages mais aussi lors d’occasion telles que des démonstrations où le stress associé à la vitesse de frappe peut engendrer des blessures.

Conclusion :

Les facteurs extrinsèques ne relèvent pas des performances de l’individu mais vont fortement impacter celles-ci. Afin d’avoir une pratique correcte et en tout sécurité, il est important de faire attention à certains points, comme celui des protections ou de l’environnement, qui peuvent sembler anodins mais qui restent pourtant responsables de blessures sévères chez de nombreux sportifs.

Cet article se pose comme le 1er d’une série dédiée à la mécanique du corps, ses blessures et son entretien. Céline, actuellement en études de kinésithérapie, prendra en charge ce travail en partageant avec vous ses connaissances. Elle vous présente ici une introduction aux blessures liées à la pratique des arts martiaux.

Aurélien.

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