Art martial, sport de combat, deux expressions souvent mélangées par les non pratiquants et même par certains pratiquants. Une confusion légitime, les deux expressions pouvant parfois s’appliquer à une même pratique martiale. Faisons donc le point…

Art martial, un art de guerre

Les hommes, dans toutes les époques, dans toutes les cultures, ont été amenés à combattre pour survivre, se défendre, voire dominer l’autre. Cette « loi du plus fort » imposée de façon originelle par la nature a conduit à l’élaboration de techniques, de stratégies, et de préparations physiques et mentales. Ainsi sont nés les arts martiaux, des pratiques développées à travers le besoin d’être plus fort, par des hommes ayant réfléchi et tiré l’enseignement de leurs expériences et observations.
Dans un but de transmission et d’évolution générationnelle, ces pratiques devinrent des méthodes codifiées et sauvegardées.

L'humanité a toujours dû combattre pour survivre
L’humanité a toujours dû combattre pour survivre

Plusieurs moyens furent utilisés au fil du temps pour cette transmission :

  • Une transmission orale, de façon directe entre un maître et son disciple, ou par le biais de chants ou légendes (les principes fondamentaux du Xing Yi, par exemple, sont consignés dans une série de chants)
  • Transmission du maître à son disciple
    Transmission du maître à son disciple
  • Une transmission écrite avec des pictogrammes, dessins, écrits, dont certains ont traversé les âges, devenant légendaires (l’art de la guerre de Sun Tzu, le bushido japonais, etc.)
  • Le fameux Art de la Guerre du général Sun Tzu
    Le fameux Art de la Guerre du général Sun Tzu
  • Une transmission plus récente grâce aux photos, films, vidéos sur internet, jeux vidéos, qui permettent de diffuser les arts martiaux traditionnels de façon plus large à l’ensemble de l’humanité
  • Film "Il était une fois en Chine"
    Film « Il était une fois en Chine »
  • Enfin, citons le système de taos/kuens/katas/quyens/formes, propre aux arts martiaux asiatiques, permettant une large transmission tout en limitant la compréhension à celui qui y consacre temps et effort.
  • Tigre et grue, le tao référant du Hung Gar
    Tigre et grue, le tao référant du Hung Gar

Un point peut être fait également sur la notion de règle, complètement étrangère à un art martial ancestral, celui-ci étant exclusivement dédié à son but premier : survivre. Cela ne fait pas cependant de l’art martial un culte à la barbarie, la plupart des arts du poing reposant sur un code d’honneur rigoureux.

Une richesse mondiale

Les arts martiaux ancestraux sont intimement liés à la culture et à l’histoire de leur pays. Plus que de simples systèmes de techniques, ils portent en eux un ensemble de valeurs, de traditions. La capoeira brésilienne, par exemple, cache l’histoire de l’esclavage, lorsque les esclaves africains, pour s’affranchir de leur condition, s’adonnaient à des luttes guerrières ritualisées déguisées en danse. Parlons aussi du Muay Thaï, considéré comme une véritable religion en Thaïlande, ou encore du Kenjutsu, où chaque mouvement est une véritable cérémonie représentative de l’art de la perfection japonais.

Tony Jaa démontre le Muay Thaï
Tony Jaa démontre le Muay Thaï

Je pourrais continuer ainsi sur des pages et des pages, mais intéressons-nous plus particulièrement au Kung-Fu Wushu.

La richesse de l’art martial chinois

Le Kung-Fu Wushu fait partie intégrante de la culture chinoise. Considéré comme un trésor national, sa diffusion mondiale lors du dernier siècle en fait aujourd’hui un trésor de l’humanité toute entière. Sa richesse tient en grande partie de ses connexions incomparables dans tous les domaines de la vie quotidienne chinoise : médecine, rites, politique, histoire, etc. Les valeurs principales sont également uniques, puisque l’art martial chinois tend à reléguer les techniques de combat au second plan, prônant en premier lieu l’art de la paix et l’accomplissement de l’être humain. (voir Kung-Fu Wushu? On fait le poing #1)

Les valeurs chinoises transmises par Confucius
Les valeurs chinoises transmises par Confucius

Pour résumer

Art martial : méthode conçue pour venir à bout de son adversaire, et portant des traditions et des valeurs propres à son pays d’origine et à son histoire

Notion de sport de combat

Un sport de combat encourage une pratique dictée par des règles bien précises. L’opposition à l’autre, bien souvent mise en avant lors de compétitions, est encadrée par un règlement et, la plupart du temps, par des arbitres. La recherche, centrée sur une performance physique et mentale, est donc différente de l’art martial, bien que poussée également par des valeurs fortes comme le fair-play ou l’esprit d’équipe.

Il est par contre parfois impossible de dissocier complètement l’aspect martial et l’aspect sportif, les deux coexistant au sein de certaines pratiques. Sans compter que la plupart des sports de combat (notamment les sports de combat modernes) sont des adaptations d’arts martiaux plus anciens. Les techniques ont dans ce cas été limitées ou encadrées, afin de correspondre à une mise en pratique sportive sécuritaire. Ces adaptations sont soit travaillées en parallèle de la pratique traditionnelle (le Karaté sportif « à la touche », le taekwondo avec seulement les jambes, etc.), soit au sein d’une discipline propre (l’escrime, le judo, etc.) qui s’éloigne de ce fait beaucoup de l’art initial.
Notons qu’une tendance récente tend à opérer un processus inverse, en mettant à nouveau en avant le côté efficace au sein des pratiques sportives (Sanda, Karaté Contact, MMA, etc.)

Le taekwondo en compétition
Le taekwondo en compétition

Les sports de combat sont aujourd’hui nombreux et peuvent se classer en plusieurs catégories.

Les sports de préhension

Le but est de saisir l’adversaire pour le faire tomber ou le contrôler. Le judo et la lutte en sont de parfaits exemples.

Les sports de percussion

L’idée est de combattre en frappant avec les différentes armes naturelles de son corps. Selon les sports et les règlements : poings, pieds, genoux, coudes. Les principaux représentants sont les différentes formes de boxes, le Karaté sportif ou encore le Taekwondo sportif.

Les sports mixtes

Ces sports mélangent les deux catégories précédentes pour un travail mêlant frappes, saisies et projections. Le Sanshou / Sanda, le Sambo, le Kempo, le MMA, illustrent bien cette catégorie.

Sports de combat armés

Cette dernière famille regroupe les sports proposant une opposition à l’aide d’une arme. L’escrime, le Duan Bing chinois, le Kendo japonais, en sont de bons exemples.

Sports de combat olympiques

5 sports de combat étaient présents aux derniers jeux olympiques de Rio : l’escrime, la lutte, le judo, le taekwondo et la boxe.
Les JO de Tokyo verront, en 2020, l’avènement oh combien symbolique du Karaté sous sa forme sportive de combat, portant le nombre à 6.


Le fédération mondiale de Wushu essaie depuis de nombreuses années de tracer une voie vers l’olympisme avec sa pratique sportive de combat (Sanda) et sa pratique sportive artistique (Taolu moderne). Elle n’a pour l’instant pas réussi à être sélectionné par le comité olympique.

Pour résumer

Sport de combat : activité physique souvent tirée d’un art martial, invitant le pratiquant à se dépasser physiquement et mentalement dans l’optique de se confronter à d’autres dans des rencontres aux règles précises et établies.

Kung-Fu traditionnel, Wushu moderne et École Wuxing

Nous prônons au sein de notre École la recherche morale, spirituelle et efficace propre aux arts martiaux, c’est donc de façon traditionnelle que sont bâtis nos cours et nos progressions. Cela ne nous empêche pas de travailler également les aspects sportifs et modernes de notre discipline. Le côté sportif amenant par la compétition une épreuve mentale intéressante de gestion du stress, tandis que le côté artistique du Wushu amène une importante progression physique et un aspect « spectacle » motivant et intéressant.

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